L’EMPLOI CHEZ LES DÉFICIENTS VISUELS, UN SUJET DE PRÉOCCUPATION MAJEURE A FAF APRIDEV

Rédaction : Aboubacar Somah BOKOUM

Un Service d’Appui à l’Insertion Professionnelle (SAIPDV) a vu le jour en décembre 2015 à FAF APRIDEV Rhône-Alpes. Depuis sa création, ce service s’attelle tous les lundis, mardis et jeudis, à accompagner les personnes porteuses de déficience visuelle dans leurs démarches de quête d’emploi. Comment fonctionne-t-il ? Quel est le profil de ses bénéficiaires ? Réponses dans cet article qui lui est consacré.

Que l’on soit mal ou non-voyant, que l’on soit titulaire d’un diplôme d’université, d’un BAC ou d’un BEP, que l’on recherche un travail de bureau ou un travail manuel, quand on est porteur de déficience visuelle, on est tous à la merci des mêmes difficultés dans notre quête de moyen de subsistance : celles liées à la stigmatisation dans le monde du travail. Pour de nombreux handicapés de la vue, trouver un travail relève de nos jours d’un véritable parcours du combattant. Consciente de cette réalité, l’association FAF APRIDEV Rhône-Alpes a décidé de mettre à la disposition des personnes appartenant à cette couche sociale, qu’elles soient adhérentes à la structure ou pas, un service qui vise à alléger les problèmes qu’elles rencontrent dans leurs démarches professionnelles.

Il s’agit du service d’Appui à l’Insertion Professionnelle pour les demandeurs d’emploi Déficients Visuels (SAIPDV). « Nous recevons principalement des personnes déficientes visuelles dont l’âge varie entre 18 et 50 ans », déclare Boudour EL BOUKHARI, conseillère en insertion professionnelle à FAF APRIDEV. Poursuivant, elle précise ses propos en ces termes : « Pour pouvoir bénéficier de l’aide apportée par ce service, il faut que le demandeur soit porteur d’un handicap visuel, et inscrit à Pôle Emploi.

Pour les conseillères en insertion professionnelle de FAF APRIDEV, une journée type est avant tout rythmée par 3 à 4 entretiens au quotidien. « Quand nous recevons un bénéficiaire au début », explique Hanae MATSUHARA l’autre salariée du service, « nous procédons à ce que l’on appelle ici l’entretien d’accueil qui nous permet de faire connaissance avec la personne que nous avons en face de nous, et par la même occasion d’évaluer ses besoins en fonction de son projet professionnel. Une fois cette étape franchie, la suite dépend du parcours et de la volonté de chacun. Nous cherchons à déterminer le regard que porte le bénéficiaire sur le mot emploi. Est-ce pour lui un projet professionnel à longue durée ? Est-ce un projet spontané à courte durée ? Est-ce tout simplement une envie de sortir de chez lui ? c’est tout cela que nous cherchons à déterminer au cours de nos entretiens. Grace à ces entretiens individuels, nous arrivons à identifier les freins à l’insertion socio-professionnelle de notre public.

Et ensemble, nous entamons les démarches pour déjouer ces obstacles », conclut cette diplômée en psychologie clinique.

La gestion des affaires courantes du SAIPDV est assurée par ces 2 conseillères en insertion professionnelle qui travaillent en étroite collaboration avec le coordinateur du service Thierry SABATIER, la Présidente de l’association Anne RENOUD, mais aussi avec une équipe pluridisciplinaire qui regroupe le service social et le service informatique de la structure. A l’ère du tout numérique, ce dernier service est incontournable dans toute recherche de travail selon Boudour EL BOUKHARI. « La collaboration avec nos collègues du service informatique est consécutive à un constat que nous avons fait : aujourd’hui, la majorité des offres d’emploi soit environ 80% se trouve sur internet. Trouver un travail requiert donc une aisance en informatique, ce que tout le monde n’a pas. Pour pallier ce problème, le service informatique reçoit depuis plus de 2 mois, tous les mardis matin nos bénéficiaires pour leur porter assistance dans leur démarche en ligne ».

Toujours dans cette optique, le SAIPDV met à la disposition de son public un espace emploi équipé d’ordinateurs et de matériels adaptés à la déficience visuelle (PC, Mac, vidéo agrandisseur, lecteur de revue d’écran vocal, logiciel de grossissement), pour ne citer que ceux-là.

Le service d’Appui à l’Insertion Professionnelle accompagne actuellement une cinquantaine de bénéficiaires. Et à en croire Boudour EL BOUKHARI, sur environ 40 dossiers suivis par le service en 2016, 10 ont enregistrés une sortie positive.

Ce succès, le jeune service le doit aussi aux partenariats noués par FAF APRIDEV avec des dispositifs d’aide à l’emploi déjà existants comme Pôle Emploi, Cap Emploi, Mission locale, MDPH ou encore la FIDEV.

Le service d’appui à l’insertion professionnelle de FAF APRIDEV Rhône-Alpes est né de la volonté des administrateurs de l’association, d’adapter les dispositifs de recherche d’emploi aux personnes en situation de handicap visuel. Une initiative salutaire, mais aussi et surtout un véritable chalenge quand on sait qu’aujourd’hui en France, seule une personne porteuse de handicap visuel en âge de travailler sur deux est en emploi, ce alors que le taux de chômage globale de la population quant à lui tourne au tour de 10%.