Traitements des maladies de l’oeil

Traitements

Dans le traitement des maladies de l’œil, Lyon est à la pointe depuis plusieurs années. Parmi les pathologies les plus traitées, on retrouve la cataracte, le glaucome, les atteintes de la macula et de la rétine.

  • Cataracte : les avancées du laser Femtoseconde

Première cause de cécité dans le monde, la chirurgie de la cataracte est la plus pratiquée en France, avec environ 600.000 interventions par an. Pour supprimer cette opacification liée au vieillissement naturel du cristallin, les chirurgiens interviennent dans 80 % des cas en ambulatoire, en anesthésiant l’œil du patient à l’aide d’un simple gel ou de collyres anesthésiques. L’extraction du cristallin se fait ensuite par phaco-émulsification, qui consiste à désintégrer ce dernier au moyen d’ultrasons. À la fin de l’intervention, le cristallin vieillissant est remplacé par une lentille en matière plastique qui peut aussi corriger les troubles de la vue (myopie, hypermétropie, astigmatisme…). La récupération visuelle est rapide-quelques jours- et des lunettes définitives peuvent être proposées au bout de 2-3 semaines. Depuis septembre 2013, le service de chirurgie ophtalmologique du Professeur Denis à l’hôpital de la Croix-Rousse (Hospices Civils de Lyon – HCL) et quatre autres CHU français sont équipés d’un laser Femtoseconde- dans le cadre d’une étude clinique française initiée par le CHU de Bordeaux. Son application récente à la chirurgie de la cataracte pourrait modifier la prise en charge de cette chirurgie. « Le bénéfice attendu est une meilleure sécurité chirurgicale avec moins de complications et de meilleurs résultats visuels puisqu’une partie de l’intervention est totalement mécanisée et pilotée par ordinateur », estime le chef de service.

  • Des ultrasons contre le glaucome

Le glaucome, qui affecte le nerf optique, est causé par l’augmentation de la pression intraoculaire. « La maladie apparaît à partir de 50-55 ans. Elle est insidieuse car il n’y aucun symptôme, ni douleur au départ, mais elle écrase le nerf optique et détruit les fibres. Souvent, le patient ne ressent une gêne que tardivement. Or, ce qui est perdu ne se récupère jamais », souligne le Professeur Denis, qui est aussi le président de la Société française du glaucome. À un stade initial, le glaucome est traité grâce à des collyres, ces collyres ne contiennent d’ailleurs plus de conservateurs-jugés irritants pour l’œil. Tandis qu’à un stade intermédiaire, on a recours au laser. En outre, le glaucome peut être traité, depuis un an, avec des ultrasons de forte intensité (lire ci-dessous). Cette thérapeutique en phase d’expérimentation est, pour le moment, réservée aux glaucomes résistant aux traitements de chirurgie classique.

  • Une 2ème arme pour lutter contre la DMLA

Chronique, évolutive, invalidante et très fréquente, la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) aligne les mauvais points. Cette affection est caractérisée par un vieillissement anormal de la macula (la zone centrale de la rétine), qui transmet au cerveau l’information visuelle. Un vieillissement qui serait, selon le Professeur Kodjikian, chef adjoint du service d’ophtalmologie de la Croix-Rousse (HCL), accéléré par le tabac. Les lésions prédisposantes à cette maladie qui rend le patient malvoyant mais jamais aveugle, toucheraient une personne sur deux après 65 ans. On observe deux types de DMLA. La forme sèche (80 % des cas) évolue très lentement en faisant disparaître des cellules visuelles et des pigments de la rétine. La forme humide, plus grave, fait apparaître des néovaisseaux sous la rétine, entraînant une altération sévère de la macula. « Il faut agir vite car les photorécepteurs ne se régénèrent pas », prévient le Professeur Kodjikian. Mais depuis 2006, la DMLA est traitée via des injections intra-vitréennes, indolores et très peu risquées. « Depuis novembre 2013 et l’arrivée sur le marché d’une nouvelle protéine et de son médicament dérivé, l’aflibercept, nous disposons d’une seconde arme pour les patients qui ne supportaient pas ou ne répondaient pas à la première ».
Le dépistage: Lorsque le patient observe une déformation de la grille d’Amsler (Une grille de lignes horizontales et verticales, utilisée pour évaluer la partie centrale du champ visuel d’une personne), une dégénérescence maculaire liée à l’âge est suspectée.

  • Rétinopathie diabétique : ça évolue

Depuis le 8 février 2014, les ophtalmologistes peuvent travailler en télémédecine dans le cadre du traitement des rétinopathies diabétiques. Il leur est ainsi possible de « coter » une lecture différée des photographies du fond d’œil préalablement réalisée par les orthoptistes, en dehors de la présence du patient.

Julia Beaumet

QUESTIONS A PHILIPPE DENIS
Chef du service d’ophtalmologie à l’hôpital de la Croix Rousse (HCL)

« Les ultrasons, une nouvelle arme thérapeutique pour soigner le glaucome »

  • Quels sont les premiers symptômes du glaucome ? Au début, il ne provoque aucune douleur ni baisse de vision, c’est donc une maladie sournoise qui touche surtout les personnes de plus de 50 ans. Toutefois, en faisant augmenter la pression oculaire, le glaucome peut provoquer des maux de tête, des nausées et une perte de la vision.
  • Qu’est-ce qui provoque l’apparition d’un glaucome ? Il est dû à une montée de la pression oculaire entraînant une atteinte du nerf optique (qui envoie les informations visuelles au cerveau) et du champ visuel (espace de vision). 20 à 30 % des cas sont héréditaires et on en recense davantage chez les myopes. La fréquence de cette maladie est également en très nette augmentation après 70 ans.
  • Comment peut-on traiter cette maladie ? Lorsque la pathologie est récente, on utilise des collyres qui permettent de freiner la maladie dans 80 % des cas. À un stade plus avancé, on a recours au laser qui facilite l’évacuation de l’humeur. Et dans les cas les plus résistants, on est obligés d’utiliser la chirurgie, par une incision sous la paupière, dans la paroi de l’œil pour permettre l’écoulement de l’humeur. Depuis un an, un nouveau traitement est désormais possible pour les patients résistants… En effet, nous commençons à traiter le glaucome avec des ultrasons de forte intensité pour détruire partiellement les glandes qui sécrètent l’humeur aqueuse. Cela permet d’en diminuer la production et ainsi normaliser la tension oculaire. C’est une intervention qui dure seulement deux minutes. Elle est réalisée sous anesthésie locale, en ambulatoire, sur un patient relaxé avec un sédatif. Cette intervention est récente mais les Hospices civils de Lyon ont été les premiers à l’expérimenter en France.
  • Quels sont les résultats ? Si cela ne permet pas de guérir le glaucome, ça le freine. Aujourd’hui, nous avons un an de recul. Nous avons évalué la baisse de tension oculaire à 30% dans 6 cas sur 10. C’est indiscutablement pour nous une nouvelle arme thérapeutique intéressante.

Propos recueillis par J.B.

 

 

Cornée: objectif zéro défaut.

Plusieurs centres lyonnais sont capables de réparer ou corriger des défauts de la cornée.

Au sein du service d’ophtalmologie de l’hôpital Édouard-Herriot, dirigé par Carole Burillon, on traite l’ensemble des problèmes médico-chirurgicaux classiques mais également les situations d’urgence. Ce service a été l’un des premiers en France à réaliser des greffes de cornées qui permettent de « réparer » des lésions liées à des maladies cornéennes héréditaires, infectieuses (abcès de cornée), traumatiques (plaie de cornée) et dégénératives (cornea guttata). « Aujourd’hui, il n’y a plus de pénurie de greffons. En 3 à 4 mois, on peut envisager une greffe », explique Carole Burillon. Depuis la mise sur le marché du laser Femtoseconde au milieu des années 2000 et les avancées récentes, il est possible de changer uniquement la partie malade de la cornée. « Après la découpe de la partie abîmée de la cornée, on procède à son remplacement par une greffe lamellaire de la face antérieure ou postérieure de l’œil », explique le Professeur. Grâce à ces techniques, les patients récupèrent une bonne acuité visuelle. Les risques traumatiques comme les rejets sont moins importants. Une chirurgie réfractive peut également être prévue lors d’une opération de la cataracte, car un cristallin artificiel calculé pour corriger les défauts réfractifs du patient peut être implanté. Cela s’adresse également aux presbytes, à qui on mettra des implants multifocaux, à condition que l’œil soit sain. Quand l’œil ne souffre d’aucune pathologie, seulement d’un défaut de vision (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie etc.), la chirurgie réfractive cornéenne permet de les corriger. A Lyon, quatre centres mettent leur plateau technique à la disposition de chirurgiens ophtalmologistes qui pratiquent ces interventions de confort. « La technique standard, appelée Lasik, réside dans l’association de deux lasers : le Femtoseconde, qui découpe une tranche superficielle de la cornée, et l’Excimer qui taille la cornée selon la forme que l’on veut lui donner. Les deux yeux sont opérés en 1/4 d’heure, sous collyre anesthésiant. Le patient peut repartir, accompagné, dans la foulée et retourner à ses activités professionnelles au bout de 24 à 48 h de repos, en faisant attention de ne pas se frotter les yeux », précise le Pr Burillon. Ces interventions coûtent en moyenne à Lyon entre 2 500 et 3 500 euros pour les deux yeux. Elles ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale, cependant certaines mutuelles peuvent les prendre en charge. Avant toute opération, le patient doit se soumettre à une batterie de tests. Ces examens déterminent la faisabilité de l’opération en fonction de la forme et de l’épaisseur de la cornée. Lorsque celle-ci est trop fine, on ne peut pas opérer. Mais seulement 10 % des patients ne sont pas opérables pour diverses raisons. En outre, certains centres ont mis en place des techniques de micro incision, grâce au laser « Smile » notamment. Un procédé mini-invasif qui réduit les suites d’opération. Enfin, au-delà de 10 dioptries, c’est-à-dire pour les myopes fortes, le Lasik ne peut pas tout corriger, au risque de trop creuser la cornée. En revanche, ils peuvent bénéficier d’implants Phake, positionnés à l’intérieur de l’œil implants imposent une surveillance stricte. Cette chirurgie délicate est peu diffusée en France mais elle est réalisée dans le service du Pr Burillon.
JB

MERCREDI 23 AVRIL 2014.- LE PROGRES

Carnet d’adresses

Les principaux centres de chirurgie réfractive à Lyon:

  • Centre Laser-Lasik privé-public: Place d’Arsonval, 69003 Lyon, 04 72 11 95 13
  • Vision Future: 20 Rue de la Villette, 69003 Lyon, 04 72 34 43 44
  • Centre Laser Vision Roosevelt: 9 Cours Franklin Roosevelt, 69006 Lyon, 04 72 82 32 82
  • Clinique du Parc Lyon: Centre Laser premium, Parc Vision 55 ter, boulevard Stalingrad, 69006 Lyon, 04 72 44 88 88
  • Bébé vision: Les consultations « Bébé vision » permettent de dépister un déficit visuel chez l’enfant à partir de trois ans. Dans le cas où le bébé présenterait une vision anormalement faible, il bénéficiera d’une correction visuelle précoce qui limitera le phénomène d’amblyopie, aussi appelé syndrome de l’œil paresseux. Cette consultation, ouverte notamment à l’hôpital Édouard Herriot à Lyon, est remboursée par la sécurité sociale.