Visite des soieries Bonnet à Jujurieux dans l’Ain

Article proposé par Anne RENOUD

Le 26 janvier dernier, au théâtre de Bourg-en-Bresse s’est jouée « les Soyeuses ». Pièce retraçant la vie des jeunes filles qui travaillaient au XIXe siècle à Jujurieux dans les soieries Bonnet. Pour faire suite à ce spectacle, Odile GAGET nous a organisé une visite commentée à Jujurieux.

Le samedi 20 mai, nous étions 11, répartis dans trois voitures individuelles au départ de Bourg-en-Bresse (7 adhérents et 4 bénévoles).

Sur place, une dame cherchait un atelier couture et ne le trouvant pas, a souhaité suivre notre visite, ce que nous avons accepté bien volontiers ! Notre guide culturel nous a plongé dans l’ambiance de l’usine village de Monsieur Louis Joseph Bonnet. Pour se rendre compte de son organisation, nous avons fait le tour de l’esplanade et nous sommes passés devant la maison des patrons, l’atelier de filage et tournage du fil de soie, le bâtiment des métiers à tisser (jusqu’à 60 métiers pouvaient être en action en même temps, nous imaginons le bruit de ces machines) mais aussi, l’emplacement du pensionnat des jeunes filles qui a été rasé au XXe siècle, l’infirmerie se répartissant sur plusieurs niveaux, il y avait jusqu’à 2 000 employés!, une boulangerie, la banque etc. et bien sûr une chapelle pour la bonne éducation des jeunes filles. En dehors de leurs onze heures de travail journalières, elles pouvaient, si elles le désiraient avoir de l’instruction dispensée par les religieuses.

Ensuite, nous avons vu ou touché des cocons, des chrysalides, certaines étaient grillées et les plus courageux les ont goûtées ! Félicitations ! Puis nous avons entendu une bobineuse. Enfin, nous avons touché plusieurs coupons de tissus à l’aspect satiné ou velours. Nous avons touché des métiers à tisser pédagogiques pour nous permettre de comprendre le fonctionnement, vu des cartes jacquard permettant le tissage des motifs, écouter l’enregistrement du bruit des métiers à tisser en action. Lorsque les 60 métiers fonctionnaient en même temps cela produisait un bruit infernal ! Ce que nous pouvons regretter, est de n’avoir pas pu en découvrir un par le toucher.

L’apogée de l’usine se situe au début du XXe siècle. Le fil de coton et les fibres synthétiques signent la fin de la plupart des usines de soieries. Celle de Jujurieux fermera définitivement au début des années 2000. Pour ne pas perdre la mémoire de toute une époque, le département de l’Ain en a fait un musée.

Il est midi, se quitter ainsi est trop triste ! Nous allons déjeuner au restaurant « l’eau à la bouche » à Pont d’Ain.

Merci aux bénévoles : Carine, Chantal, Evelyne, Patrick et Yvette que nous avons trouvée par hasard et qui nous a apporté de beaux compléments d’informations.

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Coupons de tissus Carte Jacquard

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L’ourdissage

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Le groupe devant un métier à tisser