Visite adaptée à l’Hôtel Marron de Meillonnas de Bourg en Bresse-Le samedi 21 janvier 2017

Depuis 2015, H2M – Espace d’art contemporain nous accueille pour découvrir les expositions temporaires.

Ce samedi 21 janvier, nous étions 9 dont 4 bénévoles à H2M pour une visite guidée et adaptée pour voir l’exposition « les 7 démons » qui fait résonance avec celle sur Marie-Madeleine à Brou.

Notre petit groupe a été accueilli par Céline, médiatrice culturelle et Sandrine surveillante et également médiatrice. Nous avons parcouru les 5 salles d’exposition où plusieurs artistes au travers de leurs œuvres nous parlent de l’amour, du désir féminin et des violences faites aux femmes. Céline dans chaque salle nous donne l’ambiance que dégage les œuvres, nous en décrit rapidement deux ou trois, avant de s’arrêter devant celle qui va attirer notre attention. Avec force de détails, de vocabulaire choisi peu à peu nous construisons l’œuvre et ressentons l’émotion transmise par l’artiste. Chaque fois que ce fut possible nous avons touché avec précaution les œuvres. Ainsi, nous avons découvert une grande présentation de napperons de dentelle blanche où sont brodés en fil rouge les mots « more » et « amore ». Lorsqu’il s’agit de peinture sur tissus ou de photographie, le toucher n’apportant rien, des représentations tactiles nous sont présentées. Elles viennent en complément des explications.

La visite a duré un peu plus de deux heures. Comme toujours, nous ne voyons pas le temps passer. En ce qui concerne cette exposition en particulier, elle ne laisse pas indifférents. L’expression artistique est forte et parfois même dérangeante.

Merci à Céline et Sandrine de nous avoir permis de découvrir cette exposition par votre talent de description et la réalisation des planches tactiles.

Voici l’exemple d’une description et quelques photos :Ne me touche pas

« Ne me touche pas »

 Artiste : Anaïs Albar (France)

Technique : Broderie sur tissu

Date : 2016

Dimensions : 100cm x 65cm Partie brodée : 75cm x 55cm

 
Anaïs Albar a réalisé cette œuvre qui s’appelle « Ne me touche pas » spécialement pour l’exposition « Les 7 Démons ».

 Elle a brodé et peint, sur un tissu très fluide de couleur crème, une évocation de Marie Madeleine. L’artiste a mis presque 2 mois pour réaliser cette œuvre, en se laissant guider par son imagination, sans dessin de préparation préalable. Le tissu, comme un suaire, avec des effets de drapé sur les côtés et la broderie au centre de l’œuvre, est suspendu par des clous, au-dessus de la cheminée de la première salle de H2M. Les clous ont été plantés au 2/3 supérieur du tissu, non pas à l’extrémité mais plus vers l’intérieur afin de permettre aux côtés de retombé comme un voile.

 L’artiste a donc brodé, au centre de sa pièce de tissu, une jeune femme, nue, les cheveux châtains roux défaits, s’enroulant autour de ses jambes jusqu’au-delà de ses pieds, rappelant les représentations de Marie Madeleine méditant dans sa grotte dans la Ste Baume ou Marie l’Egyptienne, méditant dans le désert, n’ayant que leur chevelure pour couvrir leur corps. Tout en souriant avec douceur, son visage est de profil, tourné en haut à notre droite. Ses cheveux longs recouvrent en partie son corps nu, on peut voir ses épaules et ses bras, son cou, ses seins, son sexe et ses jambes. Cette jeune femme, Marie Madeleine, est en train de se donner du plaisir, avec la main gauche sur son sexe. Ce sexe est brodé au fil rouge, Marie Madeleine y a la main gauche placée un peu comme si elle voulait nous montrer l’intérieur en écartant légèrement les lèvres. Avec son bras droit, posé contre sa hanche droite, elle porte un crâne humain, une vanité, symbole de méditation, avec ici une longue langue rouge vif : c’est donc une vanité coquine, détournée, symbole d’un plaisir sexuel méditatif peut-être… De l’épaule droite de Marie Madeleine sort une algue, une plante, un corail, comme si cette femme représentait aussi une déesse mère de l’univers. Et sur son épaule gauche, un œil fermé apparaît, montrant ainsi un échantillon de la richesse de l’univers onirique et imaginaire de l’artiste, empli de mythologies et de contes.

 Anaïs Albar a aussi peint sa broderie, donnant ainsi une couleur chair au corps de sa Marie Madeleine. Elle a déposé de la peinture bleue sur ses épaules et le tissu utilisé pour cette broderie étant inhabituel pour l’artiste, elle ne pouvait pas savoir que ces taches de peinture bleue fuseraient et s’étaleraient au-delà des épaules de son personnage, comme des bulles bleutées autour de ses épaules, comme des ailes rondes bleutées portées par MM au niveau de ses épaules. Ce qui pourrait aussi symboliser l’élévation de Marie-Madeleine par son plaisir sexuel… ??

C’est une broderie sur la sexualité féminine, qui lève le tabou sur le plaisir féminin et le représente de façon très délicate, loin de la représentation de la femme objet sexuel de l’industrie du film pornographique. Le titre « Ne me touche pas » rappelle ce que le Christ a dit à Marie-Madeleine lorsqu’elle le découvre ressuscité « noli me tangere », qu’on traduit généralement par « ne me touche pas », ou « ne me retiens pas »’. Ici c’est Marie-Madeleine qui dit « ne me touche pas », « ne me retiens pas » en regardant vers le haut et à sa gauche.

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Les participants écoutent attentivement les explications de la médiatrice du musée sur l’œuvre « Ne me touche pas »

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La médiatrice commente l’œuvre de Carolle Bénitah, « Autoportrait au rideau rouge 7 »

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Une adhérente découvre une œuvre grâce à une planche tactile.