Une bonne gestion des émotions, une clé pour un quotidien plus radieux

Rédaction : Aboubacar Somah BOKOUM

Une conférence sur les émotions organisée par l’association FAF APRIDEV Rhône-Alpes s’est tenue le lundi 29 mai 2017 à l’Espace Valentin Haüy, sis au 97 Boulevard des belges, dans le 6ème arrondissement de Lyon. Cette conférence d’une durée de 2h00 animée par Geneviève DURIEUX, Psychologue clinicienne, psycho- thérapeute, et intitulée : « Les émotions, une boussole de Vie », visait à amener les participant(e)s au cœur des émotions qui parfois envahissent leur quotidien, afin de leur permettre de mieux les gérer.

C’est indéniable : que l’on soit déficient visuel ou pas, nous sommes tous habités par des émotions dont nous n’avons pas toujours le contrôle. Il est aussi connu qu’une émotion bien gérée préserve son sujet de tout excès potentiellement nuisible, alors qu’au contraire, une émotion mal contrôlée est susceptible d’exposer son hôte à différents types de danger qui peuvent aller jusqu’au suicide. Pour éviter tout désagrément engendré par les émotions qui meublent notre existence terrestre, il est impératif de savoir les gérer. Et pour bien les gérer, encore faut-il les connaitre ! « Il y a 4 familles de base d’émotions : La colère, La tristesse, La peur, La joie avec une fausse et une vraie », explique Geneviève DURIEUX dès l’entame de la rencontre. Poursuivant, elle ajoute : « Chaque émotion, quelle qu’elle soit, est là, présente dans notre quotidien et elle nous dit quelque chose de fondamental sur nous. Elle nous guide, elle nous protège…et souvent nous ne savons pas écouter son message. Alors nous agissons comme si nous voulions nous en débarrasser, ou alors nous la projetons sur les autres et les tensions relationnelles s’accumulent. Il est vraiment indispensable d’apprendre le langage des émotions comme nous apprenons les autres langages. Celui-là est en nous et nous avons peur d’aller le dénicher à l’intérieur de nous. Alors je suis là pour vous aider à le comprendre, l’apprivoiser, l’accepter et en faire quelque chose de constructif pour vous et vos enfants ».

Au cours de la première phase de l’exposé qui a duré plus d’une heure, la conférencière s’est attelée à donner davantage d’explications sur les 4 familles de base des émotions et sur leurs origines, ainsi que des solutions pour lutter contre leurs conséquences négatives sans pour autant les renier. Avant d’entrer dans le vif du sujet, Geneviève DURIEUX a tenu à faire un bref rappel biologique relatif aux cerveaux de l’Homme. « L’être humain a 3 cerveaux qui le distinguent des autres êtres sur terre selon elle.  Il s’agit du cerveau reptilien qui nous offre un système de survie, du cerveau limbique qui capte les émotions et du cerveau corticale qui lui nous donne la liberté de penser et de choisir ».

 

Les familles d’émotions et leurs remèdes

 

La première famille d’émotions abordée par la Psychologue clinicienne et psycho- thérapeute a été celle de la colère. « La colère peut apparaitre sous diverses formes. Nous pouvons être un petit peu énervés, nous pouvons être agacés, frustrés, nous pouvons avoir la rage ou encore de la haine. La colère suscite en l’Homme une énergie vibratoire très haute qui créée chez lui le besoin de se faire respecter », confie cette formatrice. Pour combattre cette famille d’émotions et parvenir à en tirer des avantages, Geneviève DURIEUX propose dans un premier temps de s’inspirer de ce qu’elle appelle le triangle de la vie. « Utiliser le triangle de la vie pour affronter la colère à laquelle on est confronté consiste à accepter les émotions causées par cette dernière, tout en se disant au fond de soi : j’ai besoin de me respecter, de me faire respecter par les autres et de les respecter. Voilà les 3 côtés de notre triangle ».

Une fois ce cap franchi, la personne en colère doit chercher à évacuer l’énergie colérique qui l’habite. Pour cela, plusieurs solutions sont à sa portée. Elle peut se défouler sur un objet qui ne représente pas de danger pour son corps, boire de l’eau, ou passer les mains sous de l’eau froide. « L’idée c’est de sentir que l’on a de la colère, d’accueillir ce sentiment, et de se dire qu’on a le droit d’être en colère », précise la formatrice devant un public de plus en plus attentif.

Une fois que les capacités de gestion de la colère sont acquises, son énergie permettra alors au sujet sous son emprise de poser des limites qui lui serviront de rempart lors de ses prochaines crises de colère toujours selon la conférencière.

Sur l’échelle des vibrations, en dessous de la colère on retrouve la tristesse. Elle implique moins d’énergie que la colère, et fait émerger chez l’être humain un besoin de chaleur. La tristesse reflète généralement un sentiment de perte et/ou de déception. « Là aussi, le triangle de la vie a toute sa place », d’après notre spécialiste. « Face à la tristesse, l’Homme a besoin de se réconforter, de se faire réconforter et de réconforter les autres », précise-t-elle, avant de poursuivre en ces termes : « Quand on est triste le premier chalenge c’est d’accepter le silence dans lequel on se trouve à ce moment-là, parce que quand on est dans cet état on ne veut pas faire la fête. Il suffit de se permettre d’être triste sans aucun jugement porté sur soi, et sans aucune démarche visant à comprendre la cause de la tristesse que l’on traverse ».

Vous êtes triste et vous n’avez personne à côté pour vous réconforter ? Pas de panique ! Notre Psychologue clinicienne et psycho- thérapeute vous recommande la musique, la lecture ou voir même une petite sieste. Vous pouvez aussi vous cocooner, et si vous sentez que le besoin de parler à une tierce personne est toujours là, vous téléphonez à un/une de vos proches. A ce niveau, les larmes sont à évacuer de l’organisme. Il ne faut donc pas hésiter à pleurer.

Après la colère et la tristesse, place à la peur. Cette forme d’émotion peut avoir deux conséquences : une réaction qui se matérialise par une fuite pour s’éloigner de la source de la peur, et une autre, qui elle paralyse la personne qu’elle touche. Dans ce deuxième cas de figure, Geneviève conseille d’accepter le fait d’être effrayé malgré l’impossibilité de bouger. La peur fait appel à un besoin de se rassurer, de se faire rassurer et de rassurer les autres.

La dernière famille d’émotions évoquée par la conférencière, et sans doute la famille la plus agréable est la joie. Cette autre forme d’émotion provoque chez ses hôtes un besoin de partager et de s’ouvrir aux autres.

Au terme d’un agréable voyage dans chacune des 4 familles d’émotions rempli d’enseignements, la cinquantaine de personnes qui a pris part à la rencontre a eu droit à un exercice de respiration. Celui-ci consistait à gonfler le ventre en inspirant, et à le dégonfler en expirant. A l’issue de quelques minutes de mouvements respiratoires, la quasi-totalité des participants laissaient apparaître un soulagement qui se manifestait notamment à travers des bâillements qui provenaient de tous les recoins de la salle.

 

Réactions de quelques participants

 

A la fin de la conférence, 2 participants se sont prêtés à nos questions pour nous livrer leurs sentiments. Erdogan (Bénéficiaire de FAF APRIDEV Rhône-Alpes) et Ndeye ANGRAND, adhérente à l’association ont exprimé à notre micro leur satisfaction. « J’ai déjà suivi des formations sur le développement personnel, mais ces propos viennent me donner davantage d’outils qui me permettront de gérer le stress au quotidien. Par exemple, aujourd’hui quand j’aurai du mal à dormir, je vais penser à l’exercice de respiration que nous avons fait tout à l’heure », déclare cette adhérente avec un large sourire. Pour sa part, Erdogan a tenu à attirer l’attention des organisateurs sur le fait que dans le public il peut y avoir des personnes comme lui, qui en plus d’un handicap visuel, portent aussi des problèmes d’audition. Pour cette catégorie sociale, un micro est indispensable pour une bonne compréhension. Il espère que cet appel tombera dans des oreilles sensibles.